J'avais profité de trouver un beau film sur Pierre Monichon pour évoquer l'harmonéon. Voilà un article plus complet sur la grande famille des accordéons. Vous y trouverez un petit mot sur chacun des membres ainsi qu'une courte liste de musiciens que j'estime représentatif de l'instrument. Bien entendu, cette liste n'est pas exhaustive et mériterait à elle-seule une longue série d'articles.

 

L’accordéon diatonique
accordéon diatonique Hohner 2915
C'est en 1829 qu'un fabricant d'orgues et de piano autrichien, Cyrill Demian, dépose un brevet pour un nouvel instrument de musique qu'il baptise : accordion. Celui-ci est alors doté de 5 touches, chacune laissant entendre deux accords différents, l'un à l'ouverture du soufflet, l'autre à la fermeture (système " tirez-poussez " ou bisonore). Dés 1830 l'accordion évolue rapidement vers l'accordéon diatonique tel que nous le connaissons aujourd'hui et qui dès 1860 va se populariser et se répandre sur tous les continents. Sa production manufacturée en Allemagne et en Italie permet une large diffusion. C'est à cette époque qu'il sera adopté par les musiques populaires en Europe, notamment.
L’accordéon diatonique possède généralement un clavier chant avec deux rangées correspondant à deux gammes diatoniques séparées par une quarte (ex : sol/do) et un clavier d’accompagnement à 8 boutons (basses et accords constitués).
Il existe néanmoins des variantes : le modèle irlandais avec seulement un demi-ton entre la 1ère rangée et la 2ème (les plus courants sont si/do et do/do#) et des modèles à 3 rangs, la 3ème rangée étant une rangée « diatonique » (ex : Sol/Do/Fa) ou une rangée d’altérations (on obtient alors un accordéon chromatique bisonore), ces évolutions du clavier chant sont suivies par l’augmentation du nombres de boutons à la main gauche (jusqu’à 18 boutons sur certains modèles d’aujourd’hui).

A écouter :
Joe  Cooley (Irlande)
Sergio Luis Rodriguez (Colombie)
Kodé di Dona (Cap-Vert)



Le mélodéon
Mélodéons
Instrument roi des musiques québécoises et cajun, c’est un accordéon diatonique à 1 rangée de boutons main droite et seulement 1 couple basse/accord main gauche. Son timbre particulier est dû aux 4 voies (1grave, 2 médiums et 1 aigüe) de son clavier chant.

A écouter
Philippe Bruneau (Québec)
Nathan Abshire (Louisiane - USA)



 

 

 

Le chromatique à bouton


accordéon chromatique PermariaAccordéon le plus connu, il résulte de divers perfectionnements survenus au cours du XIXème siècle. En effet, vers 1900, apparaît le système uni-sonore et paralléllement son clavier chant s’organise sur trois rangées chromatiques et son clavier d'accompagnement se dote de touches donnant des basses et des accords composés majeurs, mineurs et septième. C'est également au début du XXème siècle que l'accordéon trouve sa capitale (Paris) et qu’il fonde un genre nouveau né dans les bals populaires des immigrés italiens et auvergnats : le musette.

A écouter
Tony Murena               
Richard Galliano   
       


 

 

Le chromatique à touche-piano
accordéon touche piano
C’est un accordéon chromatique avec un clavier de piano à la main droite. Il est très pratiqué en Amérique du Nord et dans  l’Europe de l’Est. Au Brésil, il a supplanté l'accordéon diatonique dans la pratique du forro.

A écouter
Cobra Verde (Brésil)
Viorel Tajkuna (Serbie)       
   


 

 

 

L’accordéon de concert

Dès le début du XXème siècle, quelques précurseurs entendent développer l'accordéon pour en faire un instrument de concert. Ils expérimentent divers systèmes de claviers main gauche mélodique comportant des rangées de basses seules en plus des accords composés. De ces tentatives naîtront différentes organisations de claviers : le systèmes dit "à bassettes "- rangées de basses rapportées au clavier existant, puis au début des années 1960, le sytème dit " à déclencheur " ou " convertisseur " - par un moyen mécanique le clavier des accords est converti en un clavier de notes seules - et  le sytème appelé HARMONÉON, créé en 1948 par Pierre Monichon, présentant deux claviers mélodiques identiques main droite et main gauche, dotés de gros boutons.
Avec leurs deux claviers mélodiques et chromatiques et le système unisonore, ces modèles ont permis à l’accordéon d’aborder des répertoires et des genres musicaux jusque-là réservés .

Un documentaire sur Pierre Monichon

 

 

Dans le prolongement de la réflexion de Pierre Monichon, le Quatuor Chevalier et Piermaria mettent au point l'accordéon expressif en 1979.

Extrait de concert du Quatuor Chevalier





Le concertina

concertinaInventé par un anglais, Charles Wheatsone, la même année que l’accordion de Demian, c’est un instrument typiquement anglo-saxon. On rencontre aujourd’hui 3 modèles différents de concertina  :

  • L'english est unisonore et la gamme chromatique alterne de la main droite à la main gauche
  • L'anglo (pour anglo-german) est un instrument diatonique bi-sonore dont la gamme passe de la main gauche pour se continuer à la main droite. (le plus utilisé en Irlande)
  • Le duet est uni-sonore et comprend un gamme chromatique répartie sur chaque clavier de façon à avoir les notes basses à gauche et les plus hautes à droite.


A écouter
Noël Hill (Irlande)               
Enoch Mahlobo (Afrique du Sud)            



Le bandonéon

bandonéonNé en Allemagne en 1840, il doit son nom à Heinrich Band, facteur d’instrument . Après un important succès en Allemagne et en Alsace, il arrive en Argentine dès le début du XXe siècle, sans doute importé par des marins allemands. De là, naîtra sa carrière internationale en devenant l’instrument indissociable du tango.
De forme "carrée", doté d'un soufflet en 3 parties, il possède 2 claviers mélodiques qui produisent une gamme chromatique. Il existe deux types de bandonéons : les modèles " chromatiques " (uni-sonores), dont on doit la création en 1924 à Louis PÉGURI (accordéoniste) et les modèles diatoniques (bi-sonores), modèles originels qui possèdent cependant une échelle chromatique.

A écouter
Astor Piazzola (Argentine)  
César Stroscio

 

 

 

 

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